3ème extrait du recueil Autres Temps – Légendes oubliées

 

première de couverture 10155300_512304328875280_2699298448935348296_nExtrait de la nouvelle intitulée « Le trésor de Carcolh » :

 

—    Amenez-le par ici ! cria l’infirmière avec de grands gestes.

Le soldat hurlait. Et ses cris se mêlaient à ceux des dizaines d’autres qui, comme lui, se retrouvaient avec un membre en moins ou les entrailles à l’air. Comme dans un film au ralenti, l’infirmière observa la grande salle du château transformée en hôpital de fortune. Partout des lits, des cris, du sang. Les blessés affluaient par dizaines, mutilés ou inconscients. Ceux qu’on n’avait pas réussi à soigner ou qui n’avaient pas eu la chance de survivre,étaient entassés dans la cour. En vrac.

—    Catarina, j’ai besoin d’aide ici ! l’appela un des médecins, la sortant de sa torpeur.

—    J’arrive ! répondit-elle en se précipitant vers lui.

Il tenait un chalumeau à la main, relié à une bonbonne mobile fixée sur un charriot ressemblant à un diable. Deux autres infirmiers tentaient de maintenir le soldat qui venait d’être amené ici. Il avait la jambe gauche sectionnée, à mi-cuisse, et le garrot fait à son moignon n’empêchait pas le sang de se répandre par petits jets au rythme de ses battements cardiaques affolés.

—    Vous n’allez pas…

Elle ne parvint pas à terminer sa phrase.

—    Il faut cautériser la plaie ou il se videra de son sang ! Et d’autres attendent, précisa-t-il en balayant du regard le reste de la pièce et ses blessés. Tenez lui ce qui lui reste de jambe !

Catarina fixa un court instant le médecin couvert de sang, jusqu’aux lunettes qui lui cernaient le crâne, et s’exécuta. Mais elle ne put s’empêcher de détourner les yeux lorsque la cautérisation commença : le hurlement de douleur était au-delà de l’imaginable et du supportable.

 *

 —    Quelle est la situation ? demanda le seigneur Aizem.

—    Nos hommes ne parviennent pas à progresser dans le tunnel, avoua le commandant Karkel. Il repousse chacune de nos tentatives.

Le seigneur Aizem fit le tour de la table métallique et poussiéreuse qui se trouvait devant lui. Il portait son armure d’argent, qui couinait à chacun de ses mouvements. Aizem se dirigea vers la fenêtre et observa la colonne de fumée noire qui s’échappait par l’ouverture béante du mur de la salle du trésor. Il repensa aux derniers événements qui l’avaient conduit à cette situation…

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