YEM, de Gilles Milo-Vacéri, éditions VFB

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Résumé de l’éditeur :

Yem, brillante étudiante en langues étrangères et tourisme, a vingt ans quand la Terreur Rouge dévaste l’Éthiopie en 1977. La guerre civile déclenche l’exode de la population et avec sa famille, elle fuit Addis-Abeba pour se réfugier dans un petit village reculé des hauts plateaux.

Yem et sa sœur ont échappé à l’excision grâce aux visions libérales de Petrus, leur père qui élève la femme à l’égal de l’homme. Avec de tels principes qualifiés de subversifs et sa vive intelligence comme sa beauté éblouissante, Yem deviendra une véritable révolutionnaire refusant en bloc l’ordre établi et les coutumes ancestrales.

Quand elle découvre les intentions barbares de son futur mari, Yem rompt ses fiançailles et n’a plus qu’une envie, fuir ce pays qu’elle aime par-dessus tout, mais dont elle refuse les traditions d’un autre siècle ainsi qu’une vie de femme esclave au destin programmé.

Lulit, sa cousine se prostitue à Djibouti et après une longue conversation, Yem prend sa décision. Elle va la rejoindre et plutôt que prendre le train, elle traversera le Grand Rift à pied, une des zones désertiques les plus dangereuses au monde, où la température frôle parfois les 50° à l’ombre. Un désert que personne n’a jamais traversé à pied de mémoire d’éthiopien !

Au cours de ce voyage, elle devra se confronter aux trafiquants d’armes, de stupéfiants, affronter les esclavagistes modernes et fuir par prudence les caravanes de sel. Dans ces contrées où l’homme ne peut survivre, chaque rencontre devient un danger mortel, surtout pour une femme voyageant seule.

Yem survivra au pire, atteindra Djibouti par miracle et se prostituera pour atteindre son but. Reprendre ses études et acheter un jour son hôtel.

Marc Escourra est un sous-officier de l’armée française un peu hors normes. En poste à Djibouti, il est fonceur, courageux dans l’action, ne respecte que la droiture d’esprit et vénère l’amitié, tout en traînant une réputation de vil séducteur. Pourtant, quand il rencontre Yem, il est touché par l’histoire de la belle éthiopienne, sa témérité et sa volonté de fer.

Marc lui apporte son aide désintéressée et soutenu par ses deux amis, Fred et Cédric, il entame une bataille pour sortir Yem de la prostitution afin qu’elle puisse réaliser ses rêves.

La rencontre avec la belle éthiopienne fera des étincelles et allumera un brasier ardent qui réduira en cendres l’amitié que le jeune sergent ressentait pour elle, laissant la place à de plus doux sentiments. Pourtant, l’amour est a priori impossible entre ces deux âmes solitaires et combatives qu’apparemment tout sépare.

Qu’adviendra-t-il de Yem ? Marc réussira-t-il à la sortir de son enfer et à lui offrir ses rêves ? Est-ce que leur amour pourra voir le jour et survivre au destin ?

Mon avis :etoiles

Ce roman m’a été proposé à chroniquer par les éditions VFB et je les en remercie !

Somptueux. Bouleversant. Addictif. Tels pourraient être les 3 mots que j’emploierais pour parler de ce roman. Somptueux, car l’histoire de YEM (adapté en fiction d’après une histoire vraie) est originale et extraordinaire. Bouleversant, car ce roman nous fait passer par toutes les émotions humaines : colère, frustration, tristesse, espérance… Addictif, car ce roman plonge le lecteur dans une frénésie de lecture par son attachement à Yem.

Rares sont les livres qui parviennent à me faire pleurer d’angoisse ou de tristesse, et YEM, de Gilles Milo-Vacéri, est de ceux-là. Si vous aimez vivre les lectures dans lesquelles vous vous plongez, YEM est fait pour vous !

Mais qu’en est-il donc de l’histoire et de son héroïne, Yem ? Si je devais ne retenir qu’une phrase pour vous décrire cette femme, ce serait celle-ci :

« … je sens quelqu’un d’extraordinaire en toi, une femme fantastique que j’admire beaucoup et l’injustice m’a toujours révolté. Moi aussi j’ai appelé au secours dans ma vie et il n’y a jamais eu personne pour me répondre ou me tendre la main. Jamais… Alors je suis gentil avec toi, car tu le mérites et que tu as payé assez chez pour que le Monde entier soit gentil avec toi et entendre tes prières. »

Yemguzanesh est une jeune éthiopienne de 23 ans qui a fui Addis-Abeba avec sa famille, face à la Terreur-Rouge en 1977. Elle se retrouve dans une petit village d’Ethiopie à labourer la terre sèche avec son père et a donc été contrainte d’arrêter ses études de langues et de mettre entre parenthèses son rêve d’ouvrir un jour un hôtel. Yem, femme d’une incroyable beauté et au caractère bien trempé, a été élevée par ses parents avec des idées bien précises (pas d’excision, pas de mariage forcé…). Mais Yem se meurt dans ce village perdu, sans avenir. Lorsque sa cousine Lulith, partie quelques temps auparavant à Djibouti, lui rend visite et lui apprend qu’en réalité elle s’y prostitue, Yem y voit un moyen de quitter cet enfer, quitte à devoir vendre son corps pour réaliser ses rêves.

Dans la première partie du roman, Yem entame donc un périple à pied, depuis son village jusqu’à Djibouti. Rien ne va lui être épargné : de la séparation douloureuse avec sa famille, aux hommes sans foi ni loi et au combat acharné contre le désert éthiopien et le Grand Rift. Mais Yem y fera aussi de belles rencontres et finira, tant bien que mal, par atteindre Djibouti. Tout au long de cette partie, j’ai vibré avec Yem, j’ai craint pour elle et j’ai longuement apprécié les messages que l’auteur a fait passer. Le passage le plus déchirant est sans doute celui de la séparation avec son père dont elle est si proche, qui préfère la laisser partir, bien conscient de ce qu’elle va faire à Djibouti, plutôt que de voir ses rêves mourir à bécher la terre craquelée. Mon passage préféré est incontestablement celui de la rencontre avec Youssef, ce trafiquant d’armes et de drogues nomade, traversant le désert avec sa caravane. Cet homme, méprisable au premier abord par son activité et qui attise nos préjugés dès les premières lignes de son apparition, se révèle en réalité bien plus humain que le propre voisin de Yem ! Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences ainsi qu’à nos préjugés : le monstre n’est pas toujours celui que l’on pense…

Dans la seconde partie, Yem se prostitue à Djibouti et démarre une nouvelle vie. Elle économise ce qu’elle touche de ses passes dans l’espoir de parvenir un jour à quitter ce nouvel enfer pour reprendre ses études et enfin réaliser son rêve. Mais elle se trouve de nouveau prisonnière d’une nouvelle forme d’esclavagisme, où les prostituées éthiopiennes n’ont aucun avenir. Les hommes ne voient que la beauté de son corps et la traite comme une marchandise sexuelle. Tous, sauf Marc, un sous-officier français en poste à Djibouti. Lui ne voit que la femme intelligente et cultivée. Démarre alors une romance entre ces deux êtres que tout oppose. Marc, écorché-vif par la vie, profondément révolté par la condition des prostituées à Djibouti, va alors tout faire pour essayer d’aider cette femme si différente des autres putes. Mais de nouvelles épreuves malheureusement attendent Yem et Marc.

Dans la troisième partie… Je n’en parlerai pas, au risque de gâcher le plaisir du lecteur. Donc ne comptez pas sur moi pour vous dire si cette histoire finit bien ou mal, je vous laisse seul juge de votre lecture. Je peux simplement vous dire que j’ai été bouleversé par l’amour de Yem et Marc, bien différent des romances à l’eau de rose présentes dans d’autres romans, ainsi que par le dénouement tout simplement inattendu.

En résumé, ce roman est un chef d’œuvre ! J’avais déjà adoré Stan, de Gilles Milo-Vacéri, mais avec YEM, l’auteur place la barre encore un peu plus haut. Dommage que ce roman ne soit pas disponible en version brochée, il rejoindrait immédiatement ma bibliothèque. À lire sans modération… !

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