Première interview sur le blog d’une chroniqueuse.

Photo Sébastien Tissandier

Retrouvez cette interview ici : http://uncoindeparadispourlivres.weebly.com/blog/interview-de-sebastien-tissandier

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire et à quand remonte cette passion ?

De mémoire, je me suis toujours inventé des histoires dans la tête lorsque j’étais enfant. Mais ce n’est que depuis quelques années que j’ai ressenti le besoin de les coucher sur le papier. Dans un quotidien morose, où tous les jours qui passent se ressemblent, avoir la capacité de créer des scenarios, des environnements ou des personnages sans aucune limite est un réel pouvoir d’évasion. Tout a commencé avec l’écriture du premier tome du Testament de Galilée. Jules est un personnage très important pour moi : il peut s’affranchir de toutes les normes, de toutes les règles contraignantes qu’on rencontre dans la vie réelle. Il n’a de limite que celles de sa propre volonté. Au travers de l’écriture du premier tome du Testament de Galilée, Jules m’a permis de prendre du recul sur ma vie réelle, de voir les choses sous un autre angle. D’ailleurs, au départ, je n’avais prévu qu’un seul tome pour ce roman, mais j’ai pris tellement de plaisir à l’écrire et Jules est si important pour moi que je n’ai pas pu m’arrêter là : cette aventure s’est transformée en trilogie.

Vous écrivez le matin, le soir, la nuit ? Suivez-vous une organisation précise pour planifier vos séances d’écriture ?

J’ai toujours travaillé la nuit. Durant mes études, je n’étais efficace que la nuit. Il en va de même pour l’écriture : j’aime cette atmosphère particulière lorsque la ville s’endort dans le calme : c’est comme si le temps s’arrêtait. J’oublie les tracas du quotidien, les impératifs du boulot et je m’évade avec mes personnages. Malheureusement il n’est pas possible d’écrire toutes les nuits ! J’ai quand même un métier dans la vie réelle qui me prend beaucoup de temps et il ne faut pas négliger la vie personnelle. On est très vite happé par les heures d’écriture lorsque l’inspiration est là. Donc je m’organise, je me créé des plages horaires spécifiques et j’essaie de m’y tenir, même si ce n’est pas toujours facile.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration sont les relations humaines et les faits divers. J’accorde une grande importance aux relations entre les personnages dans mes romans : amitié, amour, trahison, loyauté… Ce sont nos valeurs qui font de nous ce que nous sommes, qu’on soit du côté lumineux de la force ou du côté obscur : on croit en nos idéaux, même s’ils ne sont pas partagés par tous.
Beaucoup de faits divers quotidiens me révoltent profondément : les guerres de religion, l’absence de réaction du monde développé face à l’épidémie d’Ebola en Afrique, les injustices, le saccage de l’environnement, la condition des femmes dans certains pays… Outre mes romans de science-fiction, j’aime écrire des textes réalistes, traitant de faits réels et concrets, me permettant de les dénoncer. C’est ma manière de contribuer à l’évolution des mentalités.

En dehors de l’écriture, vous avez des hobbies ou d’autres passions artistiques ?

En dehors de l’écriture ? Je suis entraîneur de tir à l’arc diplômé à plein temps : je passe mes mercredis et samedis après-midi aux entraînements, et bien souvent les dimanches en compétition avec mes archers. C’est très gratifiant comme passion : permettre aux jeunes de progresser dans un sport qu’ils adorent.
Sinon je lis beaucoup, je chronique toutes mes lectures sur mon blog pour attirer l’attention sur des livres qui m’ont touchés. J’adore le cinéma aussi, j’y vais souvent, avec une attirance particulière pour les films de science-fiction évidemment.
Et puis entre le boulot, l’écriture, le tir à l’arc et la lecture : c’est déjà pas mal ! De quoi occuper des journées de 72h (rires) !

D’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, pouvez-vous en parler ?

Des projets d’écriture : j’en ai plein la tête ! Je manque juste de temps pour tous les concrétiser, mais cela viendra. Dans ce métier, la première des qualités est la patience (et j’avoue que ce n’est pas mon fort). Il faut avoir la patience d’écrire, d’attendre les réponses des éditeurs qui, très sollicités, ne vous répondent que plusieurs mois après la soumission d’un manuscrit, de faire tout le travail de relecture et des corrections… C’est long, mais la satisfaction est au bout.
En ce moment, je suis sur l’écriture du tome 3 du « Testament de Galilée », dont les deux premiers tomes sont déjà parus aux éditions l’Ivre-Book, en numérique. Je prévois un dernier tome d’anthologie, plein de rebondissements et dans lequel le voile sur le testament de Galilée sera enfin complètement levé. Un gros travail psychologique est fait sur Jules : il va traverser des périodes de doutes, être déstabilisé par son incapacité à maîtriser de bout en bout les situations qu’il va rencontrer. Il va devoir se reposer sur ses amis, leur faire confiance, avancer à l’aveugle. Cet aspect m’a paru très important car Jules a évolué tout au long des trois tomes, il a grandi, il fallait que son état d’esprit suive le même chemin. Et j’ai prévu une fin…. inattendue pour les lecteurs. Mais je n’en dirai pas plus !
Le premier épisode d’une saga sous forme de mini-roman, intitulée « Le Rédempteur », vient de paraître en numérique aux éditions Boz’Dodor. L’épisode zéro de cette saga correspond à l’une des nouvelles extraite du recueil « Autres Temps – Légendes oubliées », paru également en numérique aux éditions Boz’Dodor. J’ai tellement pris de plaisir à créer le personnage du Père Martin que j’ai voulu lui donner davantage d’ampleur en faisant de lui le héros de cette saga. L’épisode un est en fait une grosse nouvelle où je distille, autour d’une enquête, les éléments permettant de mettre en place la suite. L’épisode deux est en préparation, il sera beaucoup plus long, on découvrira une partie du passé ténébreux de Martin, l’environnement du Siège qui l’emploie en tant que Rédempteur et les prémices d’une machination diabolique.
Je viens de signer un contrat d’édition avec une troisième maison d’édition, Le peuple de mü, pour la parution de mon dernier roman de science fiction intitulé « Le Mnemenol ». Avec ce roman court, j’ai clairement visé l’édition papier, et je suis fier de pouvoir donc annoncer la sortie de mon premier livre papier en mai 2015. C’est une consécration pour tout auteur je pense. Même si de plus en plus de monde lit en numérique, une partie du lectorat reste attaché au livre papier. Dans ce roman, nous sommes en 2197. Le visage de la Terre a changé. La nature a repris ses droits sur l’Homme. Ce qu’il reste de l’humanité vit reclus dans des villes-bulles, protégées du monde extérieur par leurs champs de force. Depuis leur naissance, tous les individus subissent des injections régulières de Mnemenol, ce liquide qui protège contre les infections des spores végétales du monde extérieur.
Dès qu’un citoyen montre les premiers signes de résistance au fluide il disparaît mystérieusement et personne ne se souvient de lui.
Evan est un mécanicien affecté à la maintenance de la Bulle de la douzième Cité. Il sait que la Nature est leur pire ennemie et que la Bulle est leur seule défense contre le monde extérieur.
Alice est une botaniste qui semble développer une résistance au Mnemenol. Aidée d’Evan, elle prend conscience de l’ampleur du mensonge dans lequel les humains sont plongés depuis leur naissance : le Mnemenol semble en réalité oblitérer la mémoire génétique humaine. Des fragments de souvenirs leur révèlent peu à peu l’origine des conditions de vie de l’espèce humaine. Alice va tout faire pour que l’humanité se souvienne de son histoire.
Que cherche-t-on à cacher aux Hommes en les forçant à oublier leur passé ? Les secrets enfouis dans la mémoire d’Alice et d’Evan vont-ils leur permettre de percer à jour cette vaste machination tissée depuis des dizaines d’années ? Rendez-vous en mai 2015 pour tout savoir !

Enfin, j’ai deux romans en préparation pour les éditions L’Ivre-Book. Même si je travaille maintenant avec 3 éditeurs différents, je ne compte pas abandonner Lilian Ronchaud, l’éditeur qui m’a donné ma chance en publiant le « Testament de Galilée », et sans qui, je n’aurais certainement pas eu toutes ces opportunités qui se sont présentées à moi cette année. Je travaille donc sur un thriller psychologique (j’ai vraiment envie d’essayer ce type d’ouvrage), ainsi que sur un autre roman de science-fiction revisitant le mythe de l’arche de Noé. Ce ne sont encore que des projets pour l’instant.

Vous êtes plutôt chien ou chat ? Vanille ou chocolat ? Thé ou café ?

Chien assurément ! D’abord parce que je suis allergique aux poils de chats, et puis parce que j’ai toujours été entouré de chien depuis mon enfance. Plutôt chocolat : rappel de mon enfance, des chocolats chauds lorsqu’il fait froid (d’ailleurs mon premier réflexe lorsque je suis malade est de me faire un bon chocolat chaud). Ni thé ni café : je n’aime pas ça, je carbure au coca.

Votre musique préférée ? Écrivez-vous en musique ?

Je n’ai pas vraiment de musique préférée car les musiques que j’écoute dépendent énormément de mon humeur et de mon état d’esprit. En revanche j’écris en musique. Je dirai même plus que pour m’immerger dans une scène à décrire, je cherche d’abord LA musique qui correspond à l’ambiance et à mon état d’esprit.

Des auteurs de référence à citer qui influencent votre écriture ?

Pour moi, je maître incontesté, celui qui m’a donné goût à la lecture est Bernard Werber ! « Les fourmis » ou « Le papillon des étoiles » resteront mes livres préférés. Mais j’aime aussi lire Giacometti et Ravenne, Christopher Paolini. Récemment, j’ai découvert beaucoup de nouveaux auteurs dont les textes m’ont subjugué, comme Renaud Blondel et « Tout ira bien… Salomé », ou Tasha Lann et « A.B.I.E. », tous deux parus aux éditions Calepin. De véritables coups de cœur !

À travers vos livres, quel(s) message(s) souhaitez-vous véhiculer ?

Avant tout l’entraide, la générosité, la confiance. Nous vivons dans un monde de plus en plus égoïste, où chacun pense d’abord à soi avant de penser aux autres. Pourtant, ce sont nos relations quotidiennes avec les gens qui nous entourent, ceux qu’on rencontre, qui font de nous ce que nous sommes. Sans les relations humaines, l’Homme ne peut pas acquérir d’expérience, il ne peut pas grandir.

En publiant un livre, quel est votre objectif principal ?

Mon premier objectif est de transporter le lecteur dans un monde lui permettant de s’évader. Ma plus belle récompense ce sont les retours des lecteurs : ce n’est pas tant le fait que l’histoire leur a plu qui m’intéresse, mais plutôt le voyage qu’ils ont effectué, attachés au personnage et à ses aventures. J’aime savoir quel est leur personnage préféré.

Un conseil que vous donneriez à une personne qui se lance dans l’écriture de son premier livre ?

C’est toujours difficile de répondre à cette question, tant les méthodes d’écriture, les styles entre auteurs sont différents. Je dirai qu’il faut s’accrocher, être prêt à essuyer beaucoup de refus de la part des éditeurs, mais ne jamais renoncer car un jour, parfois lorsqu’on s’y attend le moins, l’un d’entre eux peut vous donner votre chance !

Un livre réussi, pour vous, qu’est-ce que c’est ?

Là aussi la question est difficile. La plupart des gens diront qu’un livre réussi est un livre qui se vend bien. Moi, je ne suis pas forcément d’accord. Un livre réussi est un livre qui touche et trouve son public. Il y a des livres merveilleux qui sont passés totalement inaperçus pourtant, c’est dommage. Après, cette notion est très subjective car je peux lire un livre qui me plaît beaucoup et que vous n’aimerez peut-être pas. Le principal est que le lecteur trouve les livres qui lui correspondent.

Vous êtes plutôt voiture ou vélo ? Mer ou montagne ? Cinéma ou télévision ?

Plutôt voiture : je passe mes journées à courir après le temps, sans jamais parvenir à le rattraper hélas ! Il me faut donc me déplacer rapidement. Je vis au bord de la mer, mais je trouve la montagne plus ressourçante, plus apaisante. Entre cinéma et télévision mon cœur balance : je suis très cinéphile mais la télé est toujours allumée chez moi.

Quelles phases émotionnelles avez-vous traversées au fil de la création de votre livre (écriture, envoi de manuscrit, signature de votre contrat, publication, etc.) ?

En voilà une question intéressante ! Pendant l’écriture je suis en transe, littéralement. J’ai besoin d’être dans la peau de mes personnages, de ressentir leurs émotions lorsqu’ils vivent une situation. J’ai une manière d’écrire très particulière : je dois me représenter mentalement la scène avant de la coucher sur le papier. Je la visualise, comme on regarderait une scène d’action au cinéma, et je la retranscris. Mais cela demande beaucoup d’implication et d’énergie, généralement je suis vidé mentalement après l’écriture de scènes importantes. Lorsque je termine un roman, il y a toute cette pression qui me quitte d’un coup, toute cette tension accumulée au cours de son écriture qui disparaît car tout est terminé et généralement je suis un zombie pendant un ou deux jours, je suis nauséeux… Ma fidèle bêta-lectrice, Flo, me dit toujours que j’accouche de mon roman et que j’ai tous les symptômes d’une femme enceinte (rires) !
L’envoi du manuscrit est une période généralement de frustration : on voudrait tellement avoir une réponse immédiatement, mais il faut attendre de longs mois. Enfin, pas toujours. S’il y a bien un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire c’est lorsque Lilian Ronchaud, m’a informé de son coup de cœur pour le premier tome du « Testament de Galilée ». J’avais envoyé le manuscrit 1h12 auparavant et il m’a contacté immédiatement sur Facebook après avoir lu les 40 premières pages du manuscrit. Imaginez ma surprise lorsque ces quelques mots sont apparus dans la fenêtre de dialogue « Bonjour, je résume en quelques mots ma première impression : je prends !… » Rêve ou réalité ? À ce moment-là on n’ose pas y croire. Et pourtant, tout est parti de là et je ne regrette absolument pas d’avoir été découvert par un éditeur aussi professionnel et sérieux que lui !
La signature du contrat est quelque chose de particulier niveau émotionnel : un mélange d’euphorie et de stress ! Pour mon premier contrat signé en numérique, je me souviens que j’étais excité comme une puce, je n’en ai pas dormi de la nuit ! Je vous laisse imaginer mon état la semaine passée lorsque j’ai signé mon premier contrat papier !
Quant à la joie ressentie lorsqu’on voit enfin son nom sur la couverture de son livre, je crois que c’est indescriptible ! Et c’est le même effet à chaque fois !

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